Hier soir, Sycophante et moi sommes allés voir un nanar d’anthologie: “la nonne”

lanonne

Bon, faut avouer que le scénario sentait déjà un peu le réchauffé:

“Elèves dans une école privée, six jeunes femmes subissent les mauvais traitements d'une nonne impitoyable. Quand l'une d'entre elles tombe enceinte, cette dernière décide de la "purifier" par la torture. Ses amies décident de l'aider et d'intervenir. La nonne disparaît et quelques semaines plus tard, l'école ferme ses portes.

17 ans après ces événements, les six amies ont grandi et se sont éloignées, afin d'oublier cette le terrible secret qui les lie. Pourtant quand deux d'entre elles sont retrouvées mortes, elles doivent se rendre à l'évidence : la nonne est de retour. Aidée de la fille de leur amie assassinée, elles retournent à l'école pour faire face à leur passé et affronter cette nonne vengeresse…”

Mais on s’attendait quand même pas à ce que ce soit si gros…

On retrouvera avec plaisir tous les ingrédients indispensables qui font basculer ce qui devait être un mauvais film d’horreur dans la comédie la plus absurde:


- quelques décès tragi-comique qui relèveraient plutôt du domaine de la plomberie que du surnaturel. Mais que fait super Mario?


- des personnages suffisamment stupides pour mourir par accident alors qu’ils sont poursuivis par une entité maléfique, et pour avoir ce genre d’idées (pour peu que l’on soit suicidaire); jugez par vous-même: “tiens, j’ai une idée, si on se donnait rendez-vous par une nuit d’orage super flippante sur les lieux de notre crime d’il y a 18 ans, vous savez, cet ancien pensionnat désaffecté”, ou “et si je baisais avec un futur prêtre sur le lit de la nonne intégriste que ma mère a assassiné il y a 18 ans (par cette même nuit d’orage super flippante alors que je viens d’assister au meurtre de cette dernière et de toutes ses amies)”, ou “les amis, j’ai une idée d’enfer, si on se séparait?”, ou encore “je viens d’apprendre que j’allais mourir comme la sainte dont je porte le prénom, brûlée vive dans un four et je sais pas pourquoi, j’ai cette envie irrépressible de monter toute seule dans la cuisine”...

Et puis tellement courageux aussi:
- Va t-en, c’est moi qu’elle veut!
- Ok… bon ben on s’appelle alors hein, bon courage!

- des incohérences d’un autre monde (on avait pourtant plongé le corps d’en un lac d’eau bénite pour s’en débarrasser, zut mais il est asséché, c’est ce qui a permis à son esprit de venir se venger/ je connais toute la vie de ma meilleure amie parce que sa psy m’a tout raconté, mais chut, faut rien lui dire parce qu’elle ne lui a pas dis à elle/ c’est la douche froide qu’elle a eu pendant la fête de fin d’année qui a fait revenir tous ses souvenirs refoulés depuis qu’elle a l’âge de 4 ans et j'en passe...)


- des dialogues à hurler de rire (j’ai beaucoup aimé le personnage de Zoé qui a des faux airs de Ripley dans Alien… sur le retour…)


- des révélations incroyables qu’on connaît depuis le début (en fait les personnages sont assez longs à la détente et ce que vous comprenez dès la première minute, ils ne le comprendront qu’à la fin), ou super inattendues (cf. Incohérence d’un autre monde): le mec qui pendant tout le film n’a pensé qu’à faire la fête et parler de cul, après une soirée arrosée qui a précédé sa venue dans le pensionnat désaffecté par une nuit d’orage super flippante a soudain un éclair de lucidité: ça y est, il a tout compris! C’est le flic de la première minute qui, momentanément sorti de son carrefour pour une mission exceptionnelle (un meurtre) avait raison!! Alors il raconte tout à sa petite amie, là tout de suite, pour laisser à la meilleure amie de cette dernière le temps de se suicider avant qu’on intervienne, je vais tout t’expliquer” “zut, on arrive trop tard… heu ptet que j’aurais dû attendre avant te raconter tout ça?”.

Bref, à voir absolument (ne serait ce que pour la scène de l'avion...)!

On en tirera deux conclusions:
- Mieux vaut porter un prénom païen.
- Parfois, le ridicule tue.