Quand vous vous balladez sur la croisette (sauf en hiver où personne ne se ballade sur la croisette à part trois petits vieux et nous et nous et nous), juste après l'évitement de collisions en tout genre, le challenge le plus audacieux, c'est de réussir à passer sans flinguer les photos de vacances de tous les tourristes qui font leur plus joli sourire au petit oiseau qui sort à peu près tous les 50 cm.

Globalement, on s'en sort en courrant tête baissée (et corps un peu baissé histoire de passer sous l'objectif), avec quelques contournements de photographes et en slalomant à certains endroits clefs.

J'ai pourtant appris plus récemment, à mes dépens, que ce n'était pas suffisant.

Observant des gens qui se prenaient en photo devant des poubelles, des murs tout pourris, des palmiers malades, du beton qui a même pas eu le temps de sécher avant que quelques connards aillent foutre leurs grosses mains dedans et montrer qu'ils savaient écrire leur nom et même des bagnoles, je me suis mise à me poser des questions...

Syc*phante me prévint alors avec la sagesse qui le caractérise:

"mais tu sais bien qu'ici, il y a TOUJOURS quelque chose à photographier".

Hé bien je peux vous annoncer qu'en me prenant un flash en plein dans les yeux tout à l'heure (alors que je ne dépassais pas la vitesse autorisée), j'ai pu donner une caution empirique incontestable à cette assertion... Ouais, y a toujours quelque chose à photographier ici, même une autiste en gros plan, les yeux grands ouverts, terrorisée par le flash et qui se demande comment ses réflexes et sa capacité d'anticipation a pu décliner de la sorte... En arriver là, tout de même!

Par curiosité et surtout pour me fendre la poire, j'aimerais bien voir la gueule de la photo quand même... :)

Désolée, monsieur, j'espère que c'était un numérique... :)