Je viens de me rappeler d'un rêve, pour changer, très flippant que j'ai fais cette nuit. Et ce entre deux recherches intensives de billets de train qui n'étaient pas dans la valise...


J'étais attablée avec plusieurs personnes qui discutaient, l'ordre de jour du brainstorming: "comment répartir les richesses?", plus précisément, quelle est la manière la plus équitable de partager les richesses. Rien que ça!

Je vous passe certains détails mais la première proposition qui me vint à l'esprit fut la suivante:

ça commence par des stats: il s'agit de calculer les pourcentages de suicides, accidents cardio-vasculaires, accidents du travail au sens large, troubles musculo-squelletiques etc. etc. de chaque profession afin d'établir la dégradation de l'état de santé du travailleur liée à son emploi (et offrir des compensations financières, autant que faire se peut proportionnelle à cette dégradation).


Ensuite, pareil pour la vie sociale: taux de divorces, nombre d'enfants, taux d'echecs scolaires des enfants, taux de délinquances chez les enfants, taux de toxicomanie, taux de suicide des conjoints... pour chaque métier.


J'énumère une liste de domaines et de critères à prendre en compte dans le but de créer un salaire pour chacun qui soit le plus juste possible... évidemment, on avait déjà parlé de salaires égaux (liberté, égalité tout ça) mais des salaires égaux ne seraient pas équitables... voilà pourquoi on en était venu à ce mode de calcul qui cette nuit paraissait être LA solution.


Ouais parce que Platon tout ça avec son monde des idées et son monde "matériel", il nous a un peu foutu le bordel dans les comptes et il y a des choses injustes: pourquoi un pompier qui passe sa vie à la risquer pour les autres gagne moins qu'un analyste (de tout poil) qui n'est là que pour donner des conseils, pourquoi quelqu'un qui passe son temps à torcher le cul des petits vieux et à essayer d'éclairer leurs derniers jours gagne moins qu'un informaticien qui tape des lignes de codes toute la journée. Comme je n'ai pas l'intention de me fâcher avec tous les corps de métiers, je m'arrête là... j'aurais aussi pu dire pourquoi un psy qui travaille en service de soins palliatifs et qui doit gérer des deuil quotidiennement gagne moins qu'un psy pour chihuahua cannois. Tout ça pour dire qu'il y a des injustices sociales et que cette espèce de "table ronde" sur ce thème partait d'une bonne intention.


Bien sûr, dans le calcul du "salaire équitable", on prenait également en compte les responsabilités (y a t-il une vie humaine en jeu, y a t-il des conséquences matérielles lourdes en cas d'échec...).


ça se tenait. Jusqu'à ce que quelqu'un fasse remarquer très justement que ce système n'était justement pas si juste qu'il en avait l'air, parce que ce qui comptait dans nos sociétés occidentales, ce qui était vraiment valorisé, n'était-ce pas... le bonheur? Les personnes qui travaillaient dans le social n'étaient elles pas HEUREUSES de pouvoir aider les autres, plus heureuses que le comptable dont toutes les échanges journaliers se limitaient au clavier et à l'écran...


Mais finalement non car le comptable, s'il avait choisi d'être comptable, c'est probablement qu'il aimait ça DONC il était tout aussi heureux de faire ça et donc ça tenait plus du tout la route... Et finalement, c'est vrai... en théorie, on a tous le choix, alors, de quoi se plaint-on?


Alors de fil en aiguilles, on en est arrivée à la question essentielle: celle de l'orientation... histoire que les gens ne passent pas à côté du rôle le plus adapté pour eux dans notre société... et de fil en aiguilles, on en est arrivé à songer à des tests de personnalité/ intérêt/ je-ne-sais-quoi-d'-autre qui auraient pour but de guider chacun vers le rôle dans lequel il serait le plus épanoui... après il était pas question de nous prendre la tête avec les responsabilités ou quoi que ce soit d'autre puisque c'est EUX qui aiment ça, les responsabilités (ou quoi d'autre)... on en était un peu revenu à l'idée du salaire égal mais avec une contrainte supplémentaire: guider les gens vers ce pour quoi ils sont "faits". De là à rendre obligatoire une activité précise en vue d'éviter une sanction, il n'y avait plus qu'un pas que nous aurions, je pense, pu franchir si je ne m'étais pas réveillée avant.


Je ne sais pas si c'est la politique, la thune, les statistiques, la lecture de Beigbeder, les niouz ou un peu tout ça qui me fait rêver des conneries pareilles mais ma "rationalité" nocturne me donne froid dans le dos... comme quoi "les extrêmes en politique se rejoignent toujours" hein... si j'étais présidente de la république....on appellerait plus ça la république parce que je serais un dictateur!

Je crois que je préfère encore me battre avec des T-rex, des orks ou devoir prévenir le monde que sa fin approche alors que personne ne m'écoute, c'est plus appaisant pour ma bonne conscience.