Il n’aura échappé à personne ici que si j’ai un genre de film favori, c’est bien le film d’horreur/ thriller, tous les trucs en eur (mais pas seulement) qui font peur.


Et c’est vrai qu’on s’habitue aux bonnes choses. Un film d’horreur, c’est truffé de clichés, c’est excessivement répétitif. Même si le tueur, le monstre, le truc méchant qui veut tuer tout le monde diffère, même si le concept diffère (heureusement) parfois énormément d’un film à l’autre, il y a des constantes...


Evidemment la plus constante des constances c’est la connerie des victimes pour lesquelles on ne peut décemment pas avoir de compassion étant donné qu’elles font tout pour se mettre dans des situations pas possible, les menant invariablement vers l’issue funeste que le spectateur attend (toutes dents dehors). Je trouve que la meilleure illustration de cette constante est cette scène de “scary movie” où la fausse Drew Barymore (parodie de la première scène de “Scream”) après voir lu deux panneaux indiquant respectivement “death” et “life” (ou quelque chose du style) se rue dans la première direction, le tueur à ses trousses...

Bon, mais c’est pas de ça que je veux parler (voilà pourquoi j’en fais tout un paragraphe)...

Ce dont je veux parler c’est de la fin. La fin, c’est super essentiel. Pour moi, c’est même souvent ce qui détermine si je vais ranger ce que je viens de voir dans la case “nanar” ou dans la case “culte”.


Evidemment, une fin sans rebondissement, n’est pas une vraie fin. Voilà pourquoi tous les assassins/ monstres et autres super méchants ne meurent JAMAIS du premier coup. A force, on a l’habitude, on sait qu’il va se relever et on sait que la victime sera trop conne pour lui mettre trois balles dans la tête une bonne fois pour toute, histoire qu’on en finisse... et d’ailleurs, on serait vraiment dégoûtés qu’elle le fasse... (même si j’ai bien aimé l’humour de “Severance” pour cette raison... et puis Scream 2 et puis quelques autres mais c’est parce qu’on avait déjà eu notre dose d’adrénaline...).


Là où la redondance devient plus lourde, c’est pour les “twist” (à noter que les deux types de fins ne sont évidemment pas incompatibles). Le twist, c’est par exemple, quand on s’aperçoit que le gentil super gentil est en fait un méchant super méchant, et qu’il nous a bien grugé le saligaud.


Seulement ce twist là, on vous le fait une fois, deux fois, trois fois, dix fois, cent fois même si c’est bien fait mais au bout d’un moment, ça devient lourd. ça devient lourd parce qu’on imagine facilement comment le scénario a été bouclé “bon les gars, c’est bien mais il nous faut un twist là, on peut pas terminer comme ça, bon lui, tiens, oh et puis non, lui il fera un très bon méchant... non ben sinon en cas, on a qu’à faire le test, trois salles de ciné remplies d’ado, on test les trois fins et on verra laquelle ils préfèrent, allez banco”.


Comme le soulignait hier soir S*cophante, après avoir regardé “Profession profiler”, la quête du twist-à-tout-prix, ça devient un peu absurde... d’ailleurs, c’est dommage mais c’est ce qui participe à donner à ce film un côté... absurde.

profession_profiler

“Profession profiler”, j’ai vu, mais je peux pas dire si j’aime ou pas. J’ai pris plaisir à le regarder, j’ai bien aimé le concept (un groupe de profilers isolés sur une île pour une simulation découvrant rapidement qu’ils ne sont plus dans une simulation puisqu’ils meurent chacun leur tour) mais y a vraiment des trucs plus que douteux:


- la paranoïa ambiante (tout le monde se soupçonne de manière complètement irrationnelle: voilà pourquoi le tueur aurait pu être n’importe qui et que trouver un coupable revenait forcément à tirer à pile ou face)


- la bataille dans l’eau (on peut tirer avec un flingue dans l’eau? est-ce que ça donne vraiment un effet à la matrix comme ça? :)

- la scène de combat à la “kill bill” qui relève davantage d’une superbe chorégraphie que d’une vraie baston.

- l’hélium... j’ignorais que c’était aussi dangereux... :)

- le “twist” final... qui aurait été décevant quelle que soit l’issue... on est loin de “cursus fatal”, par exemple, où l’histoire était parfaitement cohérente de A à Z, le tout en finissant par une surprise de taille...


Tout ça pour dire que les twists, c’est bien, mais dans certains cas, s’abstenir c’est mieux... ou du moins, dans un film comme celui là, même si ç’aurait été devinable, je me serais plutôt arrangée pour faire des morts moins spectaculaires (ou j’aurais mis David Coperfield sur le coup) et les personnages auraient découvert à la fin qu’ils étaient toujours dans une simulation... super réaliste... en même temps, ça n’aurait peut-être pas été un super twist puisqu’on y avait pensé avant la fin, hier soir (même en lisant le pitch d’ailleurs)... alors je sais pas... peut-être la même chose mais on apprendrait que tous les personnages sont des complices de celui qui les a mis sur l’île et un seul personnage est la victime naïve de tout ça et découvre à la fin, que tout était bidon et que ces tests ne visaient qu’à tester son endurance... (?)


Je sais pas mais il va falloir faire quelques chose messieurs les scénaristes et surtout messieurs les producteurs qui modifiaient les scénarii à la dernière minute juste pour faire de l’audience...


Bon je sais, je peux toujours aller me faire foutre et aller regarder des films d’auteurs (parce que ça se termine en "eur") si je suis pas contente mais est-ce ma faute si je me sens plus proche d’Hannibal Lecter que d’un mec qui passe une heure et demi à faire chier le spectateur en se plongeant dans des délires métaphysiques d’un autre monde (le tous parfois sans dire un mot!)? (oui j’ai une vision caricaturale et stéréotypée du cinéma d’auteur et c’est mal, et ça va énerver S*cophante et c’est mon manque de culture cinématographique qui fait ça mais j’y peux rien, à chaque fois que j’essaye, je me fais chier :)