Demain j'arrête, les titres raccoleurs... ou pas...

Oui parce qu'en fait, je ne vais même pas parler de ce projet fou de S*cophante d'avoir postulé pour ce vol en avion parabolique... bon, ça y est j'en ai parlé, donc je ne suis plus hors sujet... et je peux parler de la folle expérience que j'ai vécu de mon côté...

D'abord, il faut savoir que mon université (oui, j'utilise systématiquement des possessifs quand je parle d'endroits dans lesquels j'ai fais pipi (lorsqu'il s'agit de lieux... parce qu'évidemment je dis aussi mon dentiste sans pour autant avoir fait ça sur lui...)). Je m'égard... je disais donc mon université est divisée en trois campus.

Moi, je suis sur le mieux puisqu'il est sur une île et au centre ville, tandis que la fac de science est recluse dans un endroit peu fréquentable, où aux alentours on ne voit que des gens bizarroïdes, et à l'intérieur, on hésite entre hopital ou camp millitaire... bon en même temps, ça leur fait des pieds, déjà qu'ils ont plus d'argent que nous... :)

Bref, tandis que j'avais une réunion "chez moi", S*cophante devait passer des tests pour son projet "le premier asperger dans l'espace" à la fac de science... du coup, en sortant un peu avant 18H, je me suis mise en route pour le retrouver...

A la base, c'était l'angoisse, il faisait nuit (je compte sur les doigts d'une main le nombre de fois où je me suis retrouvée seule à l'extérieur dans la nuit)... oui, il était seulement 18H mais il faisait nuit donc l'heure, ça compte plus.

Je prends le bus jusqu'à la gare, tout va bien, autour de moi, il semblerait qu'il n'y ait que des étudiants, parfois les étudiants sont fous mais assez rarement dangereux...

A la gare, changement de bus, attention c'est du sérieux... je me précipite vers l'arrêt d'à côté et j'observe. La gare, c'est flippant le soir, vraiment. Je me contrôle, il n'est que 18H15, je suis déjà rentrée plus tard que ça, j'ai plus l'habitude, c'est tout.

J'entre dans le bus et là, j'ai l'impression d'assister à un mauvais remake de "la colline a des yeux", on a pas idée d'avoir des têtes pareilles. Et quand on a une tête pareille, on fait pas une tête pareille, sans quoi ça fait forcément flipper tout le monde. Mon regard est irrésistiblement attiré par deux choses: d'abord cet homme à l'oeil rouge exhorbité, qu'il ne faut pas que je regarde, d'abord parce que ça ne se fait pas, ensuite parce qu'il me fait peur. C'est con, mais il me fait peur. La seconde chose c'est... MAIS C'EST DU SANG SUR SON PANTALOOOON!!!! Du calme, ce n'est qu'un peintre en bâtiment qui rentre du boulot...

Je sors du bus, pas très fière et me dirige vers la grille de manoir hanté qui ne sert à rien puisqu'elle est cassée à l'entrée (ou à la sortie) du "campus" (franchement, on voit que le président de la fac vient d'un département de sciences humaines, il doit pas les aimer les scientifiques purs et durs).

Il y a du vent, beaucoup de vent. J'entends la voix de S*cophante prédisant à midi qu'aujourd'hui, il allait y avoir des morts. En regardant ces grands arbres et surtout ce fil éléctrique se balançer dangereusement, prêt à se briser et à m'éléctrocuter avec le grand arc éléctrique qui accompagnerait sa chute, je n'ai qu'une idée en tête, c'est moi. Je cours, je cours, je cours. Comme Asimo mais je cours. Je dois être dans destination finale 4, quelque chose comme ça. Je me calme, plus de danger que quelque chose me tombe dessus, je suis loin des fils (loin de la civilisation même, je suis sur le terrain vague qui sépare les deux bâtiments).

Je vois cet homme au loin qui me regarde passer. Je me dis que pour être dehors à cette heure tardive (de 18H30) par ce temps et pour regarder passer les gens, il s'agit forcément d'un détraqué. Je regrette d'avoir courru, je m'en veux. D'abord d'avoir mal senti le danger, parce qu'il n'était pas avant mais maintenant et je suis désormais trop crevée pour courir, ensuite parce que je ne fais pas de sport et je m'éssouffle tout de suite... pour s'enfuire lorsqu'on est poursuivi par un tueur en série, mieux vaut avoir un minimum d'endurance. Je pense tout de même qu'en cas de besoin, j'arriverai à réunir mes dernières force pour courir jusqu'à la porte et frapper comme une tarée... Je pense à "souviens toi l'été dernier".

Au fond de ma tête raisonne désormais la voix du journaliste de "faites entrer l'accusé". "Il est 18H28 lorsque Dragibus sort du bus, on la verra se diriger vers la grille de l'angoisse du campus et c'est la dernière fois que des témoins déclarent l'avoir croisé". J'ai peur. Mon sentiment d'insécurité explose, j'ai un instant de compassion pour l'éléctorat de Sarkosy et Lepen, c'est gens ont peur, la peur, ça fait faire n'importe quoi... la preuve, j'accèlère le pas et j'enlève ma capuche alors qu'il pleut pour entendre, le cas échéant, un tueur en série qui se mettrait à courir pour me rattraper. J'entends plein de trucs bizarre mais pas de tueurs en série.

Evidemment, je constate que les bâtiments sont fermés. Je flippe. Une camionette blanche s'arrête à côté de moi. C'est le snipper de New York, mais qu'est-ce qu'il vient foutre là?

Sur la camionette, j'aperçois le logo de mon université, je suis un peu rassurée, mais pas trop, on me la fait pas à moi, je connais l'histoire des petites chèvres et du grand méchant loup qui a montré patte blanche en se la trempant dans de la farine. J'accèlère. Pourquoi cette camionettre roule t-elle à ma vitesse... PUTAIN!!! Je suis dans Urban legend 2 là, un truc comme ça.

Mon film d'horreur a complètement tourné au nanar, je suis dégoûtée mais toujours en vie.

j'arrive devant l'autre côté du bâtiment et ce que je craignais arrive, on m'interpelle. "S'il vous plait"... Non, je ne montrai pas pour vous montrer le chemin monsieur, non je ne viendrai aps voir les cadavres que vous planquez dans votre coffre, non je ne veux pas de bonbons ni de petit chien (j'en ai une et elle fait caca partout quand elle a peur du vent).

Finalement, il s'agit simplement d'un étudiant qui cherche la même chose que moi car il veut passer les tests. Je le laisse donc s'approcher sans m'enfuir... J'ai raison, c'est un psycho.

J'appelle S*cophante, S*cophante ne répond pas. Et s'il était reparti sans moi? Et s'il n'y avait plus de bus? Les femmes de ménage ne veulent plus nous laisser entrer. Je vais passer ma première nuit dehors, sans tente, par une nuit de tempête, ça craint d'être SDF. J'aimerais que l'Abbé Pierre soit là. Je pense que la nuit, cet endroit est peuplé de monstres et de tueurs en série, parfois, les deux à la fois.

S*cophante me rappelle. Nous prenons le bus, je lui raconte mes folles aventures... lui me raconte qu'il a très envie de s'envoyer en l'air... Avec cet évènement là, je pense que sa vie est tout aussi dangreuse que la mienne, lui c'est star wars, moi, c'est massacre à la tronçonneuse.