Hier soir, nous avons vécu encore un "grand moment de télévision" comme aiment à appeler, les présentateurs de certaines émissions, quelques instants moins (ou plus, au choix) consternant que le reste de l'émission.

Grand moment de télévision, donc, devant... l'île de la tentation... Oui là où il y a de l'excellente matière à anesthésier en bonne et dûe forme le cerveau (au singulier?) de la masse, il y a également quantité de pyranhas en mal de moqueries gratuites qui se bousculent au portillon... et hier soir, une fois de plus, nous n'avons pas été déçus... (enfin, ça dépend comment on prend les choses).

Comme tous les pyranhas devant leur écran hier soir, on s'est posé la question fatidique: Mais finalement, ces comportements sont tellement improbables (stupides), ces remarques tellement surréalistes, que peut-être qu'il s'agit d'acteurs (et alors, l'humanité sera sauve?)...

Et puis, nous avons vu cet individu (soit un acteur de talent, soit un attardé notoire et je pencherais plutôt pour cette seconde hypothèse) qui non content d'avoir batifolé à droite à gauche avec une pute tentatrice aux traits, par ailleurs, extrêmement vulgaires, sans se soucier une seconde de ce que pourrait ressentir sa dulcinée, se mit à se plaindre du comportement de cette dernière (celle avec qui il est venu à l'émission pour "tester la solidité de son couple" :) qui, rendez-vous compte, après avoir visionné les images compromettantes au possible de son prince charmant, se permettait d'affirmer que s'il y avait tromperie, elle ne pardonnerait pas.

Aparté: Nous avons d'ailleurs bien rigolé lorsque la présentatrice a montré la dite vidéo compromettante (dans laquelle on voyait une pute tentatrice entrer dans la chambre de son cher et tendre en cachette, tentant d'échapper aux caméras, pour finir dans la salle de bain... avec lui?) à la jeune femme, qui, complètement dans le déni, affirmait qu'elle n'avait "rien vu qui puisse la faire douter"... on pouvait lire l'exaspération dans les yeux de la présentatrice qui tentait de lui faire entendre raison, on pouvait lire ses pensées "m'enfin, espèce de gourde, il te trompe, tu vois pas??? en ce momement même, alors que tu joues au couple parfait, il est en train de se faire s*cer par l'une des filles qu'on a payé (ou peut-être même pas, ce qui est bien pire) pour ça!"...

Bref, en voyant l'individu sus-cité (sans mauvais jeu de mot) se mettre progressivement en colère dans une logique impénétrable (sans mauvais jeu de mot) qui lui était propre, en entendant le discours incohérent, confus et déstructuré au possible qui lui tenait lieu d'argumentaire, nous avons repensé à "Flandres" de Dumont, et plus particulièrement à l'un des anti-héro du film.

Pour vous situer l'histoire, les personnages principaux sont une jeunes femmes aux moeurs légères (...) dont les prétendants (et plus car affinités) partent à la guerre où ils commettent de banales atrocités, le tout, sans s'en rendre vraiment compte parce que nos anti-héros sont, appelons un chat un chat (désolée John Locke), des bouseux de base (au sens le plus péjoratif du terme) qui ne comprennent rien, ou si peu, au monde qui les entourre...

On imaginait assez facilement les critères de séléction (parce que je crois sincèrement, qu'hélas, il n'y a pas besoin d'acteurs pour jouer ces rôles là) de l'île de la tentation. On entrevoyait assez bien ce que pouvait être la vie de l'individu, que nous allons appeler Bernard pour plus de facilité... ou Bryan tiens, parce que souvent, dans cette émission, ils ont des prénoms américains. Soit c'est TF1 qui demande ça, parce que "ça le fait", soit c'est papa et maman candidats qui ont trop regardé de séries américaines...

Revenons à nos moutons: Bryan donc, Bryan est le candidat type, né dans une banlieue qu'il n'a jamais quitté, Bryan a réussi à obtenir un respect relatif de la part de ses pairs à grand renfort de gonflette et de gomina. Bryan croit qu'un individu se limite, grosso modo, à une somme de caractéristiques physiques qui doivent être aux normes. Bryan ignore que ce sont les normes qui dictent ses goûts, d'ailleurs, Bryan s'en fiche. Bryan a un QI ne dépassant pas les 75, il a été recruté pour ça (entre 75 et 115, vous êtes considérés comme "normal"). Et voilà notre Bryan parachuté avec sa fiancée aux normes, sur une île paradisiaque. Bryan est euphorique, il est en train de réaliser son rêve endemol. En plus du décors somptueux, on propose à Bryan un tas d'activités qu'il n'a jamais pu tester. Bryan nage avec les dauphins, saute en parachute, plonge, fait du bâteau, Bryan est comme un poisson dans l'eau. Et puis, ce qui ne gâche rien, la cerise sur le gâteau, c'est qu'on a réservé à Bryan une quinzaine d'escort girls aux normes qu'il affectionne, idiotes et... libres. Bryan aura vite fait de choisir sa "tentatrice", ce sera celle qui "ressemble le plus" (c'est ce qu'il disent tous) à Stacy, sa "fiancée"... physiquement, entendons nous, le reste n'existe pas. Tous les soirs, c'est la fiesta, des jeunes filles dénudées aguichent Bryan, le sollicitent comme jamas il ne l'a été, Bryan est au paradis et vous voudriez le faire redescendre en raison de ses engagements passés? vis-à-vis d'une jeune femme (une seule!) qui, à bien y réfléchir, possède une bien moins grosse poitrine que Véronika, qui se déhanche sans retenue devant les yeux ébahis de Bryan, prête à tout pour passer une dizaine de jour en plus sur "l'île"? En plus, Véronika, elle est super attentionnée avec Bryan, parce que sa survie sur l'île dépend de lui. Véronika, elle, elle a un plan de carrière, plus on la verra jouer les starlettes, plus elle a de chances qu'un producteur d'on ne sait quoi la remarque...  Véronika veut devenir une star, elle aussi, elle est en train de réaliser son rêve endemol.

 

Nous nous sommes mis à espèrer que le jour du jugement dernier, Patrick Le Lay et Etienne Mougeotte se rendent compte de ce qu'ils ont fait à la France, qui n'avait, définitivement pas besoin de ça pour aller mal!