Ce matin, je me suis faite tirée du lit (il faut lire les phrases jusqu'au bout) par un mec bourré qui rappelait à une dame, pour une raison qui m'échappe, qu'elle n'était pas de première fraîcheur.

"T'as quel âge??? t'es vieille!! 60 ans! combien? 40 alors hahahaha" et puis il ponctuait son discours en donnant des coups avec une barre en fer (ça me rappelle un peu Jamel et Gad Ellemaleh avec le sketch de "la barre de fer" :) dans quelque chose qui était sans doute en fer (j'avais le son sans l'image).

Honnêtement, là vous pensiez que j'allais me plaindre mais je trouve, pour avoir vécu la période festival qu'avec la fenêtre ouverte, un réveil matinal, c'est plus que raisonnable (d'ailleurs pourquoi personne n'a fermé la fenêtre depuis que Lol* l'a ouverte avant-hier soir? c'est une question que je me pose... trop chaud pour se lever? ça doit être ça. Au bunker, si vous déplacez quelque chose, sachez qu'il restera déplacé (d'ailleurs le livres tombés de l'étagère l'autre nuit sont toujours affalés par terre et nous les enjambons chaque jour pour accéder à la chambre du PC (qui cohabite avec nos vêtements)). Rappelons que nous avions désigné le paresseux comme notre animal fétiche... :) au moins on s'engueule pas pour le rangement. D'ailleurs on s'engueule pas, c'est beaucoup trop fatiguant (ne serait-ce que pour trouver des sujets d'engueulade :)

Bref où voulais-je en venir? Oui ça y est. Je n'ai pas vécu C*nnes en été les autres années mais S*cophante et ses mémoires d'agoraphobe sont là pour témoigner du caractère insupportable de la situation: habituellement, il y a des gens partout. Cette année, il y a des gens mais finalement pas beaucoup plus qu'à M*tz (haut lieu du tourisme germanique :). On est tranquille.

Et justement (transition à retardement) en parlant de L*lo quand il a ouvert la fenêtre qu'on a pas refermé depuis, S*cophante lui faisait part de cette observation et L*lo nous répondit que c'était "à cause de la coupe du monde". La théorie (hypra gore) avancée était que les gens avaient investi dans des écrans plasma de taille proportionnelle à leurs économies (ou à leurs rentrées d'argent grâce aux paiements en trois fois) pour regarder la coupe du monde et n'avaient plus les moyens de partir en vacances. Je voulais donc publiquement, moi aussi, remercier les bleus pour leur contribution à la qualité de notre séjour à C*nnes. Ceci étant, je trouve cette déduction un peu utopiste (non, c'est pas utopiste que Monsieur Bidochon prive sa famille de vacances pour regarder ses matchs tranquille sur grand écran, ce qui l'est c'est de penser que Monsieur Bidochon, sans ça, aurait eu les moyens de financer des vacances à C*nnes). Je ne voudrais pas être pessimiste mais avec la situation sociale du moment, je pense que même sans coupe du monde les rues c*nnoises (comme toutes les rues des villes touristiques) se seraient retrouvées délestées d'une partie de la masse. C'est assez logique parce que finalement pour le nanti moyen d'aujourd'hui (le smicard: ce n'est pas péjoratif, ça veut dire qu'il a un travail contrairement à une bonne partie de ses congénères), s'il n'a pas de la famille/ des amis/ un toit sur la tête en arrivant ici doit forcément être un peu psychopathe pour venir parce qu'en comptant le logement, la nourriture et les activités autre que s'entasser sur une plage tout de même un peu surpeuplée, s'il reste un peu plus d'une semaine, notre nanti se retrouvera rapidement interdit banquaire... En fait, s'il faut remercier les bleus, c'est surtout pour avoir caché la misère pendant quelques semaines.

D'ailleurs, hier, comme nous sommes resté chez la mère de S*cophante un peu plus longtemps que prévu, nous avons eu la "chance" de visionner... le journal de 13h sur TF1 (en fait, la mère de S*cophante nous a allumé la télé et comme on ne défait pas ce qui a été fait, on a regardé cf. plus haut). Nous nous sommes bien marré (nerveusement) en regardant la diversité des reportages proposés: la culture des tomates dans l'arrière pays niçois, les stage de natation pour enfant dans le Var, les plans canicules et puis aussi le camping (S*cophante me fit remarqué à juste titre "oui donc en gros, ils ont envoyé une équipe en vacances sur la côte d'azur et ils font les reportages avec les moyens du bord"... le pire, c'est que c'était ça) . Qu'il est bon de constater qu'au pays d'Etienne Mougeotte, tout va bien. Il ne se passe rien d'important dans le monde à part ces gens qui s'entassent dans des tentes ou des caravanes, dorment à même le sol, se plaignent de la chaleur et payent pour ça. C'est peut-être leur façon de nous parler de la misère... implicite mais efficace. Ce qu'il y avait de tragi-comique là dedans c'était les témoignages, notamment ce couple qui expliquait combien ils souffraient de la chaleur parce que voyez-vous, ils n'ont pas l'habitude, ils habitent à la montagne... La question, évidemment c'est "pourquoi avoir quitté leur verdoyante montagne pour un morceau de terre brûlé sur lequel ils ont installé tant bien que mal une habitation précaire dans laquelle ils disent eux-mêmes souffrir?

On est jamais contents de l'endroit où on est. Merci les bleus de réussir à museler la masse.