Cette nuit, pour changer, nous avons été victimes de nuisances sonores multiples, arrivés à un taux d'exaspération déraisonnablement élevé, notre courroux est tombé sur une grosse voiture rouge dont les occupants écoutaient de la techno "à fond la caisse", tant et si bien que nos vitres tremblaient et qu'on avait l'impression d'être en plein séisme. Que les connards écoutent de la merde, je le conçois, qu'ils en fassent profiter tout le monde, cela devient agaçant, qu'ils fassent ça au milieu de la nuit, c'est criminel. Voilà pourquoi cette nuit, nous sommes partis en expédition punitive sur le balcon, armés du sceau dont l'eau avait eu le temps de mascérer suffisamment pour former une substance blanche relativement suspecte à la surface.

En une fraction de seconde, notre arme de construction massive (nous n'aspirons à près tout qu'à la rééducation sociale des inadaptés) avait atteint sa cible, nous entendîmes un cri, la musique s'arrêta et le conducteur nous gratifia d'un "encuuulééééééééééééééééééééééééééééééééééééé" jouissif (pour nous ;o).

Nous nous sommes recouchés sereins, en paix avec nous même...

Jusqu'à ce qu'à 6 heures du matin, une symphonie de cris orchestrés par le voisin d'en face qui battait la mesure à coup de "connard!!" prononcés distinctement à intervalles régulières, un accrédité poursuivait deux individus non accrédités en hurlant "fuuuuuuuuuuuuck oooooooooooooooooooooooooooooff".

S*cophante surveilla, au cas où "quelqu'un serait en train de se faire tuer", je vous avoue qu'à 6 heures du matin, avec les nuits agitées qu'on passe, j'aurais tendance à penser "qu'il crève, qu'ils crèvent tous".

Après le jet du sceau d'eau S*cophante (presque) prit de remords me dit "tu vois, c'est pas normal qu'on ait des réactions comme ça, l'air de rien, c'est pas très normal ce qu'on vient de faire, on s'abaisse à leur niveau". C'est vrai, il a raison. Je crois vraiment que la surpopulation, ça rend fou (j'ai d'ailleurs eu une crise d'angoisse l'autre nuit (je n'arrivais plus à respirer, j'étouffais) tellement je ne supportais plus les gens, le bruit, ce qui est horrible, c'est que j'aime voir des gens, discuter avec des gens, y compris des gens que je ne connais pas, mais quand vous êtes au milieu d'une foule dès que vous sortez de votre bunker, quand on vous bouscule toute la journée dans tous les sens (sans s'excuser, cela va sans dire... à chaque fois c'est moi qui m'excuse d'être bousculée, ce qui a le don de m'énerver), vous en arrivez à un point où vous ne supportez plus personne, vous n'avez plus envie de leur parler, vous n'avez même plus envie de leur sourire, vous avez envie de les claquer, tous, alors évidemment, quand même la nuit on vous sort de votre sommeil réparateur parce qu'écouter de la musique de merde à un volume normal c'est inconcevable, (forcément, ces gens là ne doivent rien avoir à dire donc à se dire, il faut combler les blancs) ça a vraiment tendance à vous faire partir en vrille. Ce qu'il y a d'a moitié rassurant/ à moitié flippant c'est qu'on est pas les seuls à péter les plombs, nous en avons eu la preuve plusieurs fois avec des voisins qui nous devançaient en gueulant...