On en est pas (encore) au stade de l'insomnie, mais à J-1 du festival, les esprits s'échauffent et les sans esprits aiment hurler leur connerie à la face du monde (ex il y a deux minutes, une bande de joyeux ivrognes martellait en coeur "Paris! Paris! on t'en-cule!", il y a aussi les couples qui se déchirent tous les soirs sous nos fenêtres (simple vitrage) c'en devient lassant).

La chaleur, la promiscuité et les cafards exacerbent mes pulsions agressives. Je sens que comme Sycoph*nte à sa grande époque, je vais dormir cette nuit avec une bouteille à côté du lit, pas pour boire, non (sinon on est réveillé trop tôt par l'envie de pipi ;o), juste pour la balancer à la gueule du crétin qui nous réveillera cette nuit à quatre heure du matin en sortant de boîte ou d'on ne sait où, et qui aura ce besoin irrépressible de partager son ivresse, sa colère, sa joie ou tout ça à la fois, avec nous.

Mais finalement, c'est un sentiment global d'agacement que j'ai ressenti toute la journée pour le genre humain. Quelques exemples au hasard:

- Le fait qu'on ait été obligés de gazer le bunker cet après midi pour prévenir l'invasion des cafards géants (ça sonne comme un bon titre de série Z) provenant de l'élevage du "glacier" d'en bas (glacier entre guillemets parce qu'évidemment, même s'il ne devrait vendre que des glaces, il vend beaucoup d'autres choses (qui puent) pour ses cafards. Nous avons noté à plusieurs reprises, en rentrant tard le soir qu'une petite quantité de cafards sans cesse croissante (en nombre et en taille) se baladait devant sa porte et commençaient à monter l'escalier, au point que ce matin nous eûmes la désagréable surprise de trouver un cadavre devant notre porte. Aux grands maux les grands remèdes, tous les instruments d'extermination massives furent déployés cette après midi (y compris la bombe anti-cafard, qui pue, elle aussi, mais qui tout comptes faits m'écoeure moins que les odeurs du "glacier").

- Le bruit insupportable de la rue lorsque toutes les fenêtres sont ouvertes (on a l'impression d'être DANS la rue).

- La méconnaissance qu'ont les gens des normes sociales les plus élémentaires. Petit exemple cet après midi, alors que nous étions tranquillement installés dans un coin isolé de la plage en train de lire, et que cette plage était encore pleine de grands espaces non occupés dans lesquels auraient pu s'insérer les indésirables, un groupe de personnes de tout âge avec des enfants très bruyants vint s'asseoire A COTE DE MOI. OUI, JUSTE A COTE. A tel point que j'ai faillit demander à la "jeune fille" qui parlait dans mon oreille si elle ne voulait pas un morceau de ma serviette (tant qu'on y est). A un moment, je me suis assise et lorsque quelques minutes plus tard j'ai regardé derrière moi, j'ai constaté qu'un morceau de sa cuisse commençait à déborder sur ma serviette. Je vous passe les détails des conversations de beaufs bases qui troublèrent irrémédiablement ma lecture. Je constate simplement que les expériences de Hall devraient être renouvellées sur les plages c*nnoises. Oui parce que partout dans le monde, il y a des DISTANCES SOCIALES A RESPECTER, on est tous au minimum, protégés par notre bulle NORMALEMENT (surtout quand on est pas à l'heure de pointe dans un transport en commun, surtout lorsque c'est LARGEMENT possible). Cette nuisance sonore et physique me fit rapidement demander à S*cophante un retour prématuré vers le bunker (où nous attendait l'insoutenable odeur de bombes anti-cafards, si vous suivez). (j'ai toutefois senti que c'est moi qui avait un problème lorsque je l'ai vu sympathiser avec les envahisseurs! (le traitre :o).

- Les caricatures de blondes décolorées: Comme Syc*phante a cassé sa raquette cet après midi (oui, on s'est acheté un jeu de raquettes) en tapant comme une brute parce qu'elle n'était pas solide, j'ai profité de son envie de ménage pour retourner à monoprix et en acheter de nouvelles. Arrivée à la caisse, j'entends la personne qui me précédait demander à la caissière (alors qu'un présentoir devant nous affichait clairement la mention  "APPAREILS PHOTOS NUMERIQUES KODAK- 99€"):
- "s'il vous plait [blabla incompréhensible (et long)mais on peut facilement deviner ce qu'il manque avec la fin]
- ah je sais pas...
- non mais parce que c'est marqué "digital camera" blabla

=> en gros, elle voulait savoir s'il s'agissait d'un camescope (!!!!!)

- oh lala je suis désolée c'est mon mari qui s'occupe de ça hihihi
- blabla incompréhensible
- il commande ça sur internet hihi (en gros, elle fait de la pub pour le magasin dans lequel elle bosse). Attendez,  j'appelle quelqu'un

Je patientais. C'eut été un autre jour où j'étais "vierge" de gens, je l'aurais sûrement conseillé (du haut de ma petite expérience qui ne pouvait pas être pire que la sienne) avec joie, aujourd'hui j'étais tout simplement attérée, amorphe, incapable d'empathie.

J'attendais.

Et puis vint mon tour, et la caissière cru bon de faire ses comptes devant mon nez, et dieu sait qu'elle en a eu du mal à compter ses dix billet de vingt euros et à les agraffer (!!), elle s'y est même pris à plusieurs fois tant il était complexe de tout compacter. Elle avait beau ponctuer ses phrases de "désolée attendez", j'étais, là encore, agacée, très agacée. Aujourd'hui, les gens, j'en ai ma claque. Ce qui me fait peur, c'est qu'il ne m'en faut pas beaucoup pour être exaspérée.

Une fois de plus, j'en viens à cette dramatique conclusion: Pour rester idéaliste, il faut vivre loin des Hommes.