Ce soir, alors que je reviens d'une séance ciné... j'aimerais trouver un adjectif pour la qualifier mais elle est inqualifiable à cette heure... L*lo nous a tous entraîné pour voir "mission impossible 3"... oui, vous avez bien lu, mission impossible 3, voilà ce que nous venons visionner dans "la ville du cinéma"... (sycophante est en train de fredonner la musique caractéristique, rien ne va plus, comme diraient les morts dans tru calling "aide moiiiiiiiii").

Bon, mais c'est pas de ça dont je venais parler... en fait, je voulais vous faire part d'un constat dramatique que je viens d'admettre: notre espèce, en général, n'aime pas réfléchir ou du moins préfère ne pas avoir à le faire.

Biensûr il y a des dizaines de raison qui peuvent conduire quelqu'un à aller voir "mission impossible 3", de prime abord, j'en vois au moins 3

  • l'identification au super héro, super agent secret, super intelligent, super courageux, super... heu, super quoi, ce genre de films à tendance à réveiller let entretenir es fantasmes de gamins,
  • il y a aussi la parfaite dentition ultra bright de Tom Cruise et qu'il use jusqu'à la corde à chaque passage devant les caméras (si si vous ferez gaffe à la prochaine interview, il est tout le temps mort de rire, non seulement aux blagues pourries des journalistes mais aussi à leurs questions (stupides). Le problème, c'est que je ne pense pas qu'il se moque d'eux, je pense simplement qu'il veut montrer sa belle dentition).
  • se moquer du film (les répliques, les morales à deux balles, les accessoires high tech à la pointe de l'innovation qui en jettent mais qui rempliraient aussi bien leur mission d'une autre manière, la dentition de Tom qui fait mal aux yeux tellement elle brille, les retournements de situations qui nous font nous demander comment on peut être aussi intelligent entraîné et aussi con à la fois etc. etc.)

On peut aussi y aller pour deux (ou toutes) de ces raisons à la fois. On peut aussi apprécier ce film pour deux (ou toutes) ces raisons à la fois. Seulement il y a autre chose...

S*cophante m'a fait remarquer, à de nombreuses reprises ceci (pardon si je déforme tes propos): "on est tellement habitués à voir de grosses productions (daubes) américaines avec des ingrédients testés, approuvés un nombre de fois incalculable, que même le pire navet se "laisse regarder" tandis que dès qu'on voit un film d'auteur, un peu différent, expérimental, dès qu'on a pas de gros effets spéciaux, une bande son famillière, dix milles actions à la minute, des morts, des voitures qui explosent, des punch lines frisant le ridicule, bref, dès qu'on a pas au moins quelques ingrédients de la sauce hollywoodienne standard, on a souvent un (injsute) sentiment de rejet (au moins initial)".

Hé bien c'est vrai. J'avoue que "mission impossible 3", en ce qui me concerne se "laisse regarder". J'avoue avoir beaucoup (voire beaucoup beaucoup) de mal avec les films d'auteurs, je pourrais me rassurer en me disant que c'est parce que j'ai tendance à concevoir le cinéma comme un divertissement et non comme un art, et que j'ai moi aussi droit à mes côtés "de base" et que j'ai droit moi aussi de ne pas considérer l'art comme un divertissement... bref, j'ai le droit d'aimer de la merde au ciné comme dans mon assiette (Mc donald's TM). J'ai le droit. Mais ça n'empêche pas que ce conditionnement peut sembler inquiétant s'il est généralisable (et à mon avis il l'est) à d'autres domaines de la vie.

J'ai constaté ceci de manière plus ou moins consciente à de nombreuses reprises devant ma télé, en regardant des choses qui justement, "se laissaient ragarder", parce qu'elle avaient cette précieuse capacité de réussir à mettre le cerveau en veille. Voilà la clef du succès, réussir à mettre le cerveau en veille... c'est ce qu'ont bien compris tous les producteurs, tous ceux qui participent à la conception de nos programmes télé, des magasines qu'on feuillette dans la salle d'attente du médecin voire chez soi si on est plus gravement touché, c'est ce qu'a compris toute la société de consommation depuis des décénies et moi, ça me fait l'effet d'un flash spécial, parce que je viens de comprendre qu'on était tous, à différents degré, touchés par ce mal indomptables qui nous contraint à apprécier ce qui ne fait pas réfléchir, à se laisser glisser d'explosion en explosion jusqu'au générique si on a payé le prix ou jusqu'à la page de pub si on attend un peu.

Croyez moi, c'est un sentiment étrange et douloureux, surtout à cette heure avancée alors que tant d'heures de sommeil me séparent d'une jauge d'énergie convenablement remplie (ce matin, nous constations, avec S*cophante que notre jauge semblait "à moitié remplie" alors qu'il était l'heure de sortir du lit... qu'en sera t-il demain, alors que nous partons à 8H pour M*ntpellier???