Pendant une semaine mon quartier était devenu presque tranquille, j'imaginais même la possibilité de sortir de ma misanthropie galopante : pas une bagarre pour me réveiller vers 5H00, ni même un couple ivre se disputant... Je me disais que notre espèce nuisible, à nous, le touriste, s'en était allé migrer vers d'autres cieux, puisque la saison des amours est finie (comprenez "soirée en boite""...).

Et pourtant je viens de me réveiller après avoir passé une nuit passablement décousue, liée à une insomnie relative, et surtout à un énièmre poivrot heureux de pouvoir chanter : l'individu hurlait comme ce n'était pas permis, à telpoint que je me suis à la fenêtre pour gueuler (lorsque je suis en manque de sommeil flagrant, je rentre dans un état hargneux bizarre!), ce qui n'a provoqué aucun effet notable. C'est alors que j'ai entendu la fenêtre du voisin d'à coté s'ouvrir, suivi d'un "splash!" sonore : l'homme, excédé, avait balancé un seau d'eau ! Quelle joie misanthropique de savoir que je n'étais pas le seul tenant de cette coutume vieille comme le monde ! Quel bonheur de se dire que tout autour de moi, il y a encore des hommes et des femmes, disposant de pulsions aussi réactionnaires que nécessaires face à la connerie humaine !

Ce fantastique laboratoire de la décadence humaine qu'est mon quartier ne cesse de m'inspirer de nouvelles réflexions... Je pense qu'au delà d'un certain seuil de pollution sonore (et il faut bien le dire, de manque de sommeil), un individu a forcément des limites en ce qui concerne son Seuil de Tolérance à la Connerie (ou S.T.C.) ; jeune, vieux, de droite comme de gauche, le sujet, victime de ces nuisances typiquement urbaines, mute peu à peu en quelque chose d'infiniment effroyable : un réac (on dit aussi "vieux con").