La boucle est bouclée... Je disais il y a peu à Dragibus que l'esprit de la D.C.A. s'était perpétué dans Destination Nowhere. "Les choses changent" : c'est drôle de voir comment un événement anodin peut modifier le cours de votre vie... Je me rappellerai toujours ce moment, cet été, où avec Ouroboros et Dams nous avions prévu de partir... aux îles (j'en parle souvent, ça commence à devenir un trouble obsessionnel compulsif !) : nous devions prendre le bateau au port, et en fait nous ne sommes jamais partis, occupés que nous étions à glander sur les ordinateurs de mon appart... C'est alors que l'idée de faire un blog a jailli de nos esprits désoeuvrés, d'où la D*chéance C*llective *ssistée... J'étais loin de penser que le concept de suicide social que j'avais inventer allait me faire rencontrer une Dragibus qui n'est jamais très loin de moi, virtuellement ou physiquement...

Ca peut sembler bizarre vu de l'extérieur, mais au final, tomber amoureux de la personnalité de quelqu'un, avant même de la voir, c'est peut-être la chose la plus sensée que j'ai faite depuis très longtemps ! En fait, on ne peut enlever la dimension physique d'un coup de foudre, mais peut-être que dans la société dans laquelle on vit, celle-ci conditionne notre affectif à tel point qu'on peut passer sa vie à chercher l'âme-soeur en se trompant complètement, puisque c'est toujours l'aspect extérieur qui dicte un minimum nos choix .... Et puis à coté de cela, il y a l'aspect Destin, comme lorsque je me disais que rester toute la journée derrière un écran d'ordinateur réduisait mes chances de trouver la femme idéale à zéro... je suis persuadé que le blog constitue "l'anti agence matrimoniale", au sens où il n'a pas spécifiquement vocation à faire rencontrer des gens pour des raisons sentimentales, mais à réunir une communauté d'individus qui vont découvrir des affinités sur des domaines qui peuvent se révéler très pointus. A titre d'exemple, si j'avais rencontré Dragibus en soirée (chose impossible, puisque nous ne fréquentons pas les boites...), je ne me serai pas vu lui demander si elle aimait les plantes carnivores, les kinder surprises, les films de serial killer, les bouquins de serialkiller, les gadgets de serial killer (bon, vous avez compris j'arrête...), les robots (j'ai l'impression que mon lapin wifi est dépressif), si elle envisageait de sortir avec un autiste... Et puis, quand bien même, comment se rendre compte dans ce genre de situation que le "tout dépasse la somme des parties" (copier-coller) ? Je crois que le problème essentiel vient du fait qu'on vit dans un monde qui va de plus en plus vite (regardez le speed dating, les "soirées meetic" organisées dans les grandes villes comme N*ce...), à tel point qu'on oublie qu'une relation, qu'elle soit amicale, ou affectueuse, a besoin de temps pour s'épanouir.... Je pense qu'il y a encore de la place pour le rêve, l'imprévu, pour rencontrer quelqu'un qui habite à l'autre bout de la France, de la place pour des gens qui ne demandent pas à tout bout de champ Age-Sexe-Ville, qui refusent la déshumanisation d'une société qui part à la dérive ( vous avez vu, pour un premier message, je ne fais pas les choses à moitié !!!) : c'est le grand paradoxe, nous qui nous retrouvons pour lire nos blogs tous les jours, nous livrons (d'une certaine manière) plus qu'avec certains de nos proches, mais au final, si de plus en plus de gens tiennent des blogs, c'est que nous ne communiquons plus du tout ! A ce titre, je suis heureux d'avoir rencontré Dragibus, car c'est avec elle que j'existe le plus, à tel point la voir physiquement fut pour moi complètement naturelle, au point que je parlais de la "retrouver" ! Ce qu'on aurait pu mettre sur le compte d'une dépendance maniaque à Internet n'était en fait que l'expression d'un amour vrai (je pense très sérieusement que dans le cas où Dragibus aurait habité dans un pays extrêmement loin, le résultat aurait été sensiblement le même... Qui a dit le Japon ?) : lorsque nous nous sommes vus, nous avons quelque peu délaissés nos blogs (pardon, désolé, on s'excuse...)...

Voilà, il y aurait encore tant de choses à dire, mais je crois que les moments insignifiants ne sont pas faits pour être racontés : ils contiennent leur propre mystère... Je ne peux m'empêcher à cet instant à la crise qu'a vécu Warningole cet été, j'étais loin d'imaginer que je traverserai moi aussi une terrible tempête, mais cela valait le coup vu le trésor que j'ai découvert... :) Je vous rassure, je ne compte pas changer la ligne éditoriale de Destination Nowhere : vous aurez juste droit à deux fois plus de commentaires en ce qui concerne les non-événements d'une journée. Comme le disait mon vieux pote Lao-Tseu (paix à son âme) : "Considère les choses importantes avec légèreté, et les choses légères avec gravité".

Merci pour tout, ma Dragibus...