Le 13 juillet de l’an de grâce deux mil cinq, « destination nowhere », anciennement baptisé « ils sont fous ces psychos », naissait.

A mi chemin entre l’incrédulité et l’ennui profond, je me décidais à jeter quelques mots sur mon écran, persuadée que ce blog finirai complètement délaissé, voire détruit quelques jours, au mieux quelques semaines plus tard…

Et puis je me mis à visiter, timidement, épisodiquement la blogosphère, sur ma route, et en plus de l’incontournable blog de bbgrisou qui fut le premier de mes blogoliens puisque le premier blog que j’ai connu, je croisais les chemins de ceux qui sont toujours là aujourd’hui : Warningole, Raphaëlle, John Locke (en fait, je crois que chronologiquement 4815162342, fut le premier, mais on a mis du temps à nouer des liens :o) l’esprit de 4815162342, si je ne me trompe est surtout d’informer, l’esprit de « destination nowhere » a toujours été, heu… indéfinissable (qui a dit de désinformer ?))… Bref, tout ça pour en arriver à… « La d*chéance collective *ssistée »…

Le 18 juillet dernier, au soir, j’atterris innocemment sur un blog qui me sembla immédiatement encore plus déviant que le mien. Il était question de « suicide social » dans la présentation, ce blog m’était destiné. Après la lecture d’un post mêlant la guerre des monde, la testostérone, l’armure de plaque et l’agoraphobie naissante de Sycophante, je me décidais à commenter par une approche théorique de l’étiologie de ce que j’appelais « les crises d’énervement aiguës ».

Dès le lendemain, 12h26, je recevais ceci :

« Merci pour ton post sur les crises d'énervement aiguës Dragibus, as- tu un blog ? En tout cas tu es le bienvenue sur la D.C.A.

Sycophante, d*chéiste ».

Après un ou deux mails échangés, le dit Sycophante, en dépit des réticences bien naturelles de ses camarades d*chéistes co-auteurs et co-fondateurs de la D.C.A. me fit parvenir une invitation à les rejoindre.

Quelques péripéties communes (notamment l’affaire Samantha 1, la mytho nympho) et un échange de mails compulsif avec Sycophante me firent m’attacher à cette petite communauté retranchée, en marge de la société.

Hélas, quelques jours plus tard, Sycophante et Damss nous abandonnèrent pour le Japon, Ouroboros et moi. La cohabitation fut particulièrement rude. Ouroboros étant de loin le plus ouvertement associal et anti-Dragibus des trois. Mais après quelques bruits de portes qui claquent et de vaisselle cassée, nous nous réconciliâmes (conciliâmes) jusqu’à parvenir aux prémisses d’un genre nouveau d’affection névrotique.

Puis Damss et Sycophante rentrèrent du Japon. Tandis que Damss entamait une relation qui allait conduire la DCA à sa perte quelques dizaines de jours plus tard, je nouais des liens de plus en plus étroits avec Sycophante. Préservés des maudites « tensions sexuelles » par nos situations « maritales » (bien que chaotiques) respectives de l’époque, nous pouvions nous permettre d’aborder absolument toutes les thématiques. Pas de tabou. Pas d’auto-censure était et restera le mot d’ordre.

Le 21 août (je commence à avoir un côté (historien ?) obsessionnel des dates qui m’inquiète :o) je finissais par laisser mon numéro de téléphone portable à Sycophante, « l’air de rien ». Le soir même, le premier tabou, celui de la voix était levé par Sycophante qui me laissait un message répondeur que je me suis prise à écouter et réécouter... (bizarre comme comportement non ?) Le 23, je lui téléphonais pour la première fois… on est resté au téléphone une heure et demi, coupés par un problème de batterie... L’hypothèse de l’ami imaginaire commençait à s’estomper et le fait de passer par un nouveau média donna une nouvelle dimension à notre relation…depuis, je crois bien qu’on a plus jamais passé 24h sans s’appeler…

De mail en mail, de post en post, de commentaire en commentaire, d’appel téléphonique en appel téléphonique, l’attraction virtuelle ne fit que grandir pour se faire de plus en plus pressante, nous nous découvrions de plus en plus de points communs, de trajectoires de vie communes, de pathologies communes, de valeurs et de « philosophie » de vie communes… c’en devenait insupportable…

Restait le second tabou… celui de l’apparence physique… notre relation ambiguë « inhérente à ce que nous sommes » (me disait Sycophante :o) se transformait pour ressembler de plus en plus à ce truc étrange que les gens dans la vraie vie, parallèle à la notre, appelaient l’amour (!!!!), manquait plus qu’une attraction physique pour qu’on finisse par faire voler tous les tabous en éclat…

Jusque là, la révélation s’était limitée aux yeux de Sycophante à travers le casque de son armure, une petite photo noir et blanc prise de loin sur son compte «  MSN » et moi dans mon costume de Scream… Et puis le soir du 6 septembre, sous l’impulsion d’Ouroboros (ce soir là, on avait discuté tous les trois sur MSN) deux masques sont tombés, les leurs… ;o)

Le lendemain, juste avant midi, ce qui devait arriver arriva, je me décidais, sous je ne sais quelle pulsion déjantée, à envoyer ma photo à Sycophante… qui s’avéra rapidement perturbé, au point d’annuler, à ma grande satisfaction son déjeuner avec Darth Nemesis (celle qui aujourd’hui incarne le personnage de l’ex dont il n’a plus envie d’entendre parler, il serait déplacé d’ajouter  « à ma plus grande joie » mais je suis déplacée).

Le mardi 7 septembre nous passâmes notre journée sur Internet et notre conversation pris différentes tournures complètement inattendues que je me garderai de révéler (c’est pas parce qu’on blog qu’on a plus aucun droit sur son intimité ;o)… l’exhibition a ses limites. Deux jours après, c’était la rupture… avec Darth Nemesis bien sûr ! (il serait déplacé d’ajouter, « à ma plus grande joie » mais je suis déplacée… enfin, c’est pas pour essayer de donner un caractère humain à mon personnage mais sincèrement, j’ai culpabilisé et je n’étais pas très à l’aise avec cette idée…il y a encore un mois… :o)

Il nous fallut attendre (la fin de mon « break » de couple), le 28 septembre dernier pour que Sycophante saute dans le premier train qui le mènerait, un millier de kilomètres plus loin… à moi.

Toute cette histoire n’a pas manqué de perturber nos entourages respectifs… comment faire comprendre qu’on a l’impression de connaître mieux que quiconque quelqu’un qu’on a jamais vu ? comment faire comprendre qu’on a révélé des choses qu’on ne révèlerait même pas à son psy à quelqu’un qu’on a jamais vu ? comment faire comprendre qu’on peut ressentir des choses réelles en passant par un monde virtuel ? Comment faire comprendre qu’on puisse passer d’un mode relationnel individualiste-radical à un mode totalement fusionnel… qui plus est « avec quelqu’un qu’on a jamais vu »… on a pas toujours été bien compris, mais on a ce point commun (aussi), c’est d’en avoir l’habitude…

La belle leçon que j’aurai tiré de tout ça, c’est que l’amour n’est finalement pas qu’une fonction physiologique, ni même un dérivé d’injonction normative, l’amour peut et doit être plus que ça et au-delà de toutes ces considérations « de base », vous avez tous, on a tous un potentiel à (la niaiserie ? :o) aimer…

Pourquoi je vous parle de tout ça ? parce que suite logique pour la centième de Destination Nowhere qui doit être un événement et qui le sera : est que ce blog se poursuivra… à quatre mains ! Tout simplement parce que « le tout dépasse la somme des parties »…

Alors comme il l’avait fait en m’inscrivant sur la DCA, je tiens à souhaiter la bienvenue à Sycophante !!! JOYEUX ANNIVERSAIRE !!! BONNE ANNEE !!! etc.

et en exclu... voici vos blogohôtes!

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