Ce matin, j’ai été au parcours de santé. C’est assez incompatible avec la mollusque-attitude que j’entretiens avec ardeur depuis des années pour que je me justifie.

Tout cela a commencé avec F-du-karaté qui insiste avec une consistance étonnante depuis un certain temps pour me faire faire du VTT. Devant cet argument de poids que je lui sers invariablement « je refuse, la dernière fois que j’ai fait du VTT (c’était il y a plusieurs années) j’ai eu mal au cul pendant une semaine », il a finit par revoir ses positions après m’avoir conseillé, je cite « d’essayer avec une scelle »... parfois je me demande si ce ne sont pas mes mèches blondes qui me portent préjudice de la sorte... on me disait pas ça quand j'avais des mèches rouges, bleues ou violettes...

Bref, après une jolie technique probablement involontaire de "porte au nez" (cf. le "petit traité de maniupulation à l'usage des honnêtes gens" de Joule et Beauvois), et avec l’appui du groupe (pression pour se conformer à la norme), il a réussi à m’arracher un acquiescement pour un tour au parcours de santé. Dimanche matin ! Je me chargeais de prévenir tout le monde pour récolter le soutien psychologique dont j’aurai besoin pour cette lourde épreuve, j’obtenais le consentement enthousiasmé de B. et C. qui devait même ramener T-l-amour-de-sa-vie et surtout, qui devait marcher avec moi (on avait un contrat) !!

Samedi après-midi, B. m’appelle en me disant que finalement, elle ne viendrait pas, elle devait accompagner ses filles à la messe. Dommage… mais je ne remet pas en cause cette excuse, du reste, j’en venais presque à envier ma situation : c’est vrai que le dimanche matin, certains vont à la messe.

Dimanche matin, je me réveille la « gueule enfarinée », je descends comme un zombie allumer mon ordinateur. Toujours allumer l’ordinateur avant même d’avoir atteint le stade de conscience, avant même d'avoir ouvert un oeil. C’est ce qu’on appelle la dépendance : pour certains, c’est la clope, pour d’autres l’héroïne, moi, c’est l’ordinateur.

Mais soudain, quelque chose me sort de ma douce léthargie, mon téléphone clignote bleu. Un SMS. C’est Cécile ! Samedi soir, elle s’est couchée tard (comme moi), elle risque donc de ne pas se réveiller ce matin (comme moi), elle me dit de ne pas l’attendre, qu’elle nous rejoindra peut-être ensuite.

J’affichais un visage décomposé. Sans C., F. allait me faire courir ! c’était sûr… mais je comptais encore sur la présence des autres pour noyer le poisson et pouvoir marcher tranquillement derrière. Malgré mon envie de passer un dimanche matin comme les autres, à glandouiller à la maison, je me lançais, je n’ai qu’une parole, j’ai dis oui, je viens, si j’avais dis non, je ne serais pas venue, ça m’apprendra :o)

Sur le chemin qui m’emmenait au parcours de santé, je rencontrais un nombre considérable de cyclistes et autres coureurs de couleur rouge, uniforme et repensais naturellement à ces statistiques qui montrent que le taux d’infarctus est plus élevé pendant le week end que pendant la semaine et principalement le dimanche matin. On peut chopper un infarctus ailleurs qu’au lit, tout ce beau monde le prouvait. « Il y a donc une vie à l’extérieur le dimanche matin » me dis-je respectueuse et perplexe. Etait-ce pareil tous les dimanche ? ou était-ce un complot pour me le faire croire? si tel était le cas, j'admire l'organisation!

A mesure que le chemin entre moi et chez moi augmentait et que le chemin entre moi et le parcours de santé rétrécissait, le sentiment de ne décidément pas être à ma place s’accentuait. Mais qu’importe ! j’avais donné ma parole.

J’arrive, F. est déjà là, toujours ponctuel. Nous décidons d’attendre un quart d’heure pour laisser le temps aux autres éventuels d’arriver. Quelques minutes plus tard, P. arrive, dieu merci avec sa femme T. et leur chien Tasco qui ont été mes compagnons d’infortune durant cette promenade.

On attend encore un peu, au cas où A., qui, je le rappelle avait insisté pour cette "sortie karaté" dominicale arriverait, nous finissons par l'appeler (pour voir) et quoi?? Q U O I???? je tombe directement sur son répondeur... à tous les coups, il aura préféré faire la grasse matinée... no comment. Enfin, sur le coup, on a quand même commenté, F. a fait remarquer, très justement que "ces CRS, que de la gueule, on peut pas leur faire confiance"!

Nous commençons donc à courrir. Ça commençait mal, tout le monde courrait, et tout le monde courrait vite (à mon goût),  heureusement, F. et Tasco faisaient beaucoup d’aller retours me laissant le temps de les rejoindre, F. me coachait, comme à son habitude « cours de façon plus souple et arrête de parler », c’était un peu comme s’il me demandait d’arrêter de respirer, de penser, de cligner des yeux en les gardant ouverts ou de cesser de faire couler le sang dans mes veines : pas possible.

A partir du moment où T. a commencé à marcher, je me suis empressée de faire de même et nous avons papoté en marchant pendant les deux tours de parcours (tout de même !) que nous avons fait par la suite… ça c’est du sport qui me ressemble !

Plein d’enthousiasme, P. et F. proposaient de récidiver tous les dimanches matin, c’était sympa, ils sont sympa, mais franchement, en ce qui me concerne, c’est hors de question :o)

moi_en_joggin